La musique électro au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco
CULTURE
De sous-culture marginale à composante même du patrimoine français, c’est le chemin que prend la musique électronique depuis quelques mois. Première étape avant la candidature au Patrimoine mondial de l’UNESCO, l’inscription au patrimoine culturel immatériel représente “ l’ensemble des pratiques et des savoirs dont chacun hérite en commun, et qu’il s’efforce collectivement de faire vivre, recréer et transmettre ”.
L’idée de cette inscription a été défendue par Emmanuel Macron dès juin 2025 : “Nous sommes les inventeurs de l’électro. Nous avons cette French touch. ”. Par cette référence, le Président de la République évoquait la French Touch, mouvement musical né en France dans les années 1990, qui a profondément marqué la scène électronique mondiale. international de la création française.
Une émotion particulière pour un genre marginalisé
Cette reconnaissance institutionnelle consacre l’importance artistique d’un genre musical longtemps diabolisé et marginalisé. La musique électro a souvent été associée à la contre-culture et aux scènes underground, elle est maintenant un élément à part entière du patrimoine culturel français et international. “Les musiques électroniques ont toute leur place dans notre patrimoine immatériel national ”, a assuré la ministre de la Culture Rachida Dati. Récemment, le ministère a même créé un label pour les clubs, “lieux d’expression artistique et de fête.”
Tommy Vaudecrane, président de Technopol- l’association qui a porté cette candidature-s’émouvait: “ Les premières larmes que j’ai versées pour la musique électronique, c’était sous les gaz lacrymogènes quand elle était diabolisée. La petite larme que je verse aujourd’hui, c’est la joie de voir nos musiques enfin inscrites au Patrimoine culturel. ”
Une reconnaissance débutée par les JO de Paris
Déjà lors des Jeux Olympiques et Jeux Paralympiques de Paris en 2024, la musique électronique française avait été mise à l’honneur. Vingt-quatre DJ français, avaient joué un medley de leurs plus grands succès, dont Kavinsky, Air, Justice, Kungs, …
Thomas Jolly, le directeur artistique des cérémonies des JO Paralympiques décrivait cela comme du “patrimoine vivant ”. “ Le célébrer, non seulement c’est festif mais, en plus, c’est une partie de notre histoire culturelle ”, déclarait-t-il à l’époque.
Mais la France n’est pas le seul pays à mettre en avant sa musique électronique : l’Allemagne en 2023 avait inscrit sa musique techno à son patrimoine immatériel.
Plusieurs pratiques culturelles françaises sont déjà classées à l’Unesco comme la baguette de pain depuis 2022 ou encore les parfums de Grasse.