Catégorie : Culture

  • Cérémonie des César : 50 ans de cinéma

    Cérémonie des César : 50 ans de cinéma

    Cérémonie des César : 50 ans de cinéma

    CULTURE 

    Le 26 février prochain se déroulera la Cérémonie des César dans la salle de l’Olympia à Paris. Si l’année 2025 s’est révélée particulièrement délicate pour le septième art en France, notamment en raison d’une baisse de la fréquentation des salles, les écrans n’ont toutefois pas manqué de films marquants.

    Fidèle à la tradition instaurée en 1976, le cinéma français se retrouve chaque année lors de sa grande cérémonie destinée à distinguer les longs-métrages et les artistes qui ont marqué la saison écoulée. Dans cette 51e édition, nous retrouverons Benjamin Lavernhe comme maître de cérémonie, Camille Cottin comme présidente et Jim Carrey sera l’invité d’honneur.

    Jim Carrey dans le film The Truman Show
    Jim Carrey dans le film The Truman Show

    Pour l’Académie des César, l’œuvre de l’acteur de The Truman Showrappelle que le cinéma peut être plus qu’un divertissement : il peut questionner, émouvoir et même éclairer ; que la créativité et l’art ne doivent pas se limiter à un seul médium. Son parcours incarne une audace constante, repoussant sans cesse les frontières de l’art et de la performance.”

    La parité en progression dans les nominations

    Pour l’édition de cette année, 43 % des artistes nommés sont des femmes, selon le Collectif 50/50. Un chiffre en hausse de dix points par rapport à l’an dernier et présenté comme un record historique. Une avancée régulièrement revendiquée par les professionnelles du secteur, longtemps sous-représentées dans les palmarès et les nominations.

    Les principales nominations

    Nouvelle Vague de Richard Linklater, où l’on se replonge dans le tournage d’À bout de souffle de Jean-Luc Godard, est le film le plus nommé avec 10 nominations. Film qui n’avait pourtant rassemblé seulement 150 000 entrées. On retrouvera également L’Attachement de Carine Tardieu, Dossier 137 de Dominik Moll et L’Inconnu de la Grande Arche de Stéphane Demoustier, qui comptent tous 8 nominations.

    Du côté des grands absents, plusieurs succès d’auteur de l’année brillent par leur absence dans la catégorie du Meilleur film, provoquant de la déception. C’est notamment le cas de L’Étranger de François Ozon qui, malgré quatre nominations, dont celle du Meilleur acteur pour Benjamin Voisin, ne figure ni parmi les films en lice ni dans la catégorie de la Meilleure réalisation.

    Contrairement à l’année précédente, marquée par des succès comme Le Comte de Monte-Cristo ou L’Amour ouf, l’année 2025 n’a pas vu émerger de véritable phénomène fédérateur.

    Retrouvez toutes les nominations dévoilées par l’Académie des César.  

  • Le Printemps de l’Art décoratif 2026 : quand le passé graphique reprend des couleurs

    Le Printemps de l’Art décoratif 2026 : quand le passé graphique reprend des couleurs

    Le Printemps de l’Art décoratif 2026

    Quand le passé graphique reprend des couleurs

    Culture

    Dans les Hauts-de-France, le Printemps de l’Art décoratif (PAD) 2026 met en exergue un patrimoine né de la reconstruction. 100 ans après son âge d’or, l’Art décoratif n’a rien perdu de son élégance ni de sa modernité. De nombreux évènements dédié à cette audace architecturale, ces lignes géométriques et à ce goût affirmé pour le « beau ».

    Le Printemps de l’Art décoratif 2026 : quand le passé graphique reprend des couleurs

    Né des ruines, tourné vers l’avenir

    L’Art déco est né d’un paradoxe. Un monde meurtri par la guerre, mais résolument tourné vers l’avenir. Après la Première Guerre mondiale, les villes se relèvent, se réinventent, s’ornent de formes nouvelles. Géométrie, symétrie, matériaux innovants, goût pour la lumière et la vitesse, chaque excuse est bonne pour célébrer le progrès. En 1925, l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes à Paris consacre ce style, rompant avec les courbes de l’Art nouveau pour imposer une esthétique plus sobre, plus graphique, plus radicale.

    Dans les Hauts-de-France, l’Art déco s’est imposé comme une évidence. Territoire durement touché par les destructions, la région devient un vaste laboratoire architectural. Amiens, Cambrai, Saint-Quentin, Douai, Lens ou Chauny voient émerger une nouvelle silhouette urbaine. Postes, gares, hôtels de ville, églises, commerces et maisons particulières adoptent ce langage visuel moderne, porté par des architectes comme Louis Duthoit ou Pierre Leprince-Ringuet. Le béton, matériau star, se marie à la brique locale, tandis que ferronneries géométriques, mosaïques, vitraux et bas-reliefs habillent façades et intérieurs.

    Art déco dans le Soissonnais valois

    2026 : 21 villes unies par l’esthétique des années folles

    C’est cette richesse que célèbre aujourd’hui le Printemps de l’Art décoratif. Né en 2012 sous la forme d’une Semaine de l’Art déco, l’événement est devenu, au fil des années, un rendez-vous incontournable. En 2026, il rassemble 21 villes et offices de tourisme partenaires autour d’une programmation commune : expositions, visites guidées, conférences, projections, parcours urbains. D’Amiens à Maubeuge, de Lille à Chauny, toute la région vibre au rythme des années 1920-1930.

    Au-delà des dates et des chiffres, le Printemps de l’Art déco propose une véritable immersion. Celle d’une époque où l’on croyait au pouvoir de l’art pour embellir le quotidien. Où les intérieurs se parent de bois précieux, où la céramique et le verre captent la lumière, où chaque détail raconte un goût assumé pour l’élégance et la modernité.

    Le Printemps de l’Art décoratif 2026 : quand le passé graphique reprend des couleurs

    Mémoire bâtie d’un siècle de modernité

    Pour les jeunes générations, l’Art déco résonne étrangement avec les codes actuels. Typographies affirmées, graphismes épurés, amour du design et de la mise en scène : ses influences sont partout, du street design aux réseaux sociaux. Explorer l’Art déco aujourd’hui, c’est apprendre à lever les yeux, à lire la ville autrement, à comprendre que le patrimoine n’est pas figé mais vivant. Et parfois, il suffit d’un regard attentif pour voir surgir, entre deux bâtiments, l’élégance intacte d’un siècle qui croyait profondément en l’avenir.

  • La musique électro au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco

    La musique électro au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco

    La musique électro au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco

    CULTURE

    Le 17 décembre dernier, la musique électronique est entrée dans l’histoire en s’inscrivant au patrimoine culturel immatériel français. Une grande avancée après des décennies de marginalisation.

    De sous-culture marginale à composante même du patrimoine français, c’est le chemin que prend la musique électronique depuis quelques mois. Première étape avant la candidature au Patrimoine mondial de l’UNESCO, l’inscription au patrimoine culturel immatériel représente “ l’ensemble des pratiques et des savoirs dont chacun hérite en commun, et qu’il s’efforce collectivement de faire vivre, recréer et transmettre ”.

    Daft Punk au Festival Coachella en 2006
    Daft Punk au Festival Coachella en 2006

    L’idée de cette inscription a été défendue par Emmanuel Macron dès juin 2025 : “Nous sommes les inventeurs de l’électro. Nous avons cette French touch. ”. Par cette référence, le Président de la République évoquait la French Touch, mouvement musical né en France dans les années 1990, qui a profondément marqué la scène électronique mondiale. international de la création française.

    Portée par des artistes emblématiques comme les Daft Punk, Air ou Cassius, cette vague a imposé une identité sonore singulière mêlant house, funk, disco et musique électronique, et a contribué au rayonnement international de la création française.

    Une émotion particulière pour un genre marginalisé

    Cette reconnaissance institutionnelle consacre l’importance artistique d’un genre musical longtemps diabolisé et marginalisé. La musique électro a souvent été associée à la contre-culture et aux scènes underground, elle est maintenant un élément à part entière du patrimoine culturel français et international. Les musiques électroniques ont toute leur place dans notre patrimoine immatériel national , a assuré la ministre de la Culture Rachida Dati. Récemment, le ministère a même créé un label pour les clubs, lieux d’expression artistique et de fête.

    Tommy Vaudecrane, président de Technopol- l’association qui a porté cette candidature-s’émouvait:  Les premières larmes que j’ai versées pour la musique électronique, c’était sous les gaz lacrymogènes quand elle était diabolisée. La petite larme que je verse aujourd’hui, c’est la joie de voir nos musiques enfin inscrites au Patrimoine culturel. 

    Cette année le groupe Justice a remporté son 3ème prix aux Grammy Awards.
    Cette année le groupe Justice a remporté son 3ème prix aux Grammy Awards.

    Une reconnaissance débutée par les JO de Paris

    Déjà lors des Jeux Olympiques et Jeux Paralympiques de Paris en 2024, la musique électronique française avait été mise à l’honneur. Vingt-quatre DJ français, avaient joué un medley de leurs plus grands succès, dont Kavinsky, Air, Justice, Kungs, … 

    Thomas Jolly, le directeur artistique des cérémonies des JO Paralympiques décrivait cela comme du patrimoine vivant  Le célébrer, non seulement c’est festif mais, en plus, c’est une partie de notre histoire culturelle , déclarait-t-il à l’époque.

    Mais la France n’est pas le seul pays à mettre en avant sa musique électronique : l’Allemagne en 2023 avait inscrit sa musique techno à son patrimoine immatériel.
    Plusieurs pratiques culturelles françaises sont déjà classées à l’Unesco comme la baguette de pain depuis 2022 ou encore les parfums de Grasse.

  • La BNF dévoile 1000 ans de langue française

    La BNF dévoile 1000 ans de langue française

    La BNF dévoile 1000 ans de langue française

    Culture

    Du 5 novembre 2025 au 1er mars 2026, la Cité internationale de la langue française (CILF) accueille une exposition exceptionnelle consacrée à des manuscrits qui ont façonné notre langue. Réunissant 120 documents originaux issus des collections de la Bibliothèque nationale de France (BNF), ce parcours immersif invite à découvrir, dans une atmosphère sombre et intimiste, l’évolution de la langue française à travers les gestes d’écriture de ses plus grands auteurs et autrices.

    La BNF dévoile 1000 ans de langue française

    Une exposition exceptionnelle au cœur des manuscrits français

    Le Centre des Monuments Nationaux (CMN), en partenariat avec la BNF, propose pour sa deuxième grande exposition temporaire, un voyage inédit à travers 10 siècles d’histoire du français. Intitulée De Chrétien de Troyes à Marguerite Yourcenar, l’exposition met en lumière le rôle fondamental du manuscrit comme support matériel de la langue. Des ouvrages témoins de leurs propres usages, de leurs transformations et de leur appropriation par les individus au fil du temps. Des documents, rarement montrés au public en raison de leur fragilité et de leur valeur patrimoniale. Une occasion unique de voir de près des pièces d’exception, du XIIe siècle jusqu’aux textes contemporains.

    On l’a testé pour vous !

    Entrez intimement dans le secret des auteurs

    Dès les premiers pas, le visiteur pénètre dans des salles peu éclairées, presque silencieuse. L’éclairage tamisé révèle lentement des parchemins médiévaux, des feuilles annotées, des cahiers raturés. Chaque manuscrit apparaît comme un objet précieux, porteur d’une présence humaine.
    On retrouve des graphies élégantes ou nerveuses, pages saturées de corrections, marges envahies de notes. Le manuscrit révèle ce que l’imprimé efface. Il donne à voir la langue en train de se faire, avec ses hésitations et ses fulgurances. De Christine de Pizan à Simone de Beauvoir, de George Sand à Boris Vian, les écrivain.e.s dévoilés par leurs esquisses originales.

    Encore, cette exposition éphémère propose une approche sensible et accessible d’archives rares. Ici, il ne s’agit pas seulement de lire, mais comprendre que la langue est une construction humaine, lente et collective.
    De Chrétien de Troyes à Marguerite Yourcenar, présente la rareté des ouvrages, leur préciosité et la force de la mise en scène. Une exposition au profit d’une réalité : la langue française, avant d’être imprimée, fut d’abord écrite à la main.

    1000 ans de langue française
    Visite de la dernière salle

    Les clés de découverte du français

    Enfin, la CILF déploie l’exposition en cinq grandes étapes, chacune éclairant un usage spécifique de l’écrit. La première salle montre comment le français s’est affirmé comme langue de pensée et de savoir, à travers des manuscrits savants. La seconde plonge dans la littérature avant l’imprimerie, où le manuscrit était déjà une œuvre achevée et précieuse. Le parcours se poursuit avec les brouillons littéraires. Il révèle les coulisses de la création chez Marcel Proust par exemple. Les manuscrits intimes interrogent ensuite l’émergence de l’écriture de soi. La correspondance conclut en rappelant combien la lettre fut pendant longtemps, la forme d’écriture la plus partagée.