Auteur/autrice : Chanelle GAILLARD

  • Le Printemps de l’Art décoratif 2026 : quand le passé graphique reprend des couleurs

    Le Printemps de l’Art décoratif 2026 : quand le passé graphique reprend des couleurs

    Le Printemps de l’Art décoratif 2026

    Quand le passé graphique reprend des couleurs

    Culture

    Dans les Hauts-de-France, le Printemps de l’Art décoratif (PAD) 2026 met en exergue un patrimoine né de la reconstruction. 100 ans après son âge d’or, l’Art décoratif n’a rien perdu de son élégance ni de sa modernité. De nombreux évènements dédié à cette audace architecturale, ces lignes géométriques et à ce goût affirmé pour le « beau ».

    Le Printemps de l’Art décoratif 2026 : quand le passé graphique reprend des couleurs

    Né des ruines, tourné vers l’avenir

    L’Art déco est né d’un paradoxe. Un monde meurtri par la guerre, mais résolument tourné vers l’avenir. Après la Première Guerre mondiale, les villes se relèvent, se réinventent, s’ornent de formes nouvelles. Géométrie, symétrie, matériaux innovants, goût pour la lumière et la vitesse, chaque excuse est bonne pour célébrer le progrès. En 1925, l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes à Paris consacre ce style, rompant avec les courbes de l’Art nouveau pour imposer une esthétique plus sobre, plus graphique, plus radicale.

    Dans les Hauts-de-France, l’Art déco s’est imposé comme une évidence. Territoire durement touché par les destructions, la région devient un vaste laboratoire architectural. Amiens, Cambrai, Saint-Quentin, Douai, Lens ou Chauny voient émerger une nouvelle silhouette urbaine. Postes, gares, hôtels de ville, églises, commerces et maisons particulières adoptent ce langage visuel moderne, porté par des architectes comme Louis Duthoit ou Pierre Leprince-Ringuet. Le béton, matériau star, se marie à la brique locale, tandis que ferronneries géométriques, mosaïques, vitraux et bas-reliefs habillent façades et intérieurs.

    Art déco dans le Soissonnais valois

    2026 : 21 villes unies par l’esthétique des années folles

    C’est cette richesse que célèbre aujourd’hui le Printemps de l’Art décoratif. Né en 2012 sous la forme d’une Semaine de l’Art déco, l’événement est devenu, au fil des années, un rendez-vous incontournable. En 2026, il rassemble 21 villes et offices de tourisme partenaires autour d’une programmation commune : expositions, visites guidées, conférences, projections, parcours urbains. D’Amiens à Maubeuge, de Lille à Chauny, toute la région vibre au rythme des années 1920-1930.

    Au-delà des dates et des chiffres, le Printemps de l’Art déco propose une véritable immersion. Celle d’une époque où l’on croyait au pouvoir de l’art pour embellir le quotidien. Où les intérieurs se parent de bois précieux, où la céramique et le verre captent la lumière, où chaque détail raconte un goût assumé pour l’élégance et la modernité.

    Le Printemps de l’Art décoratif 2026 : quand le passé graphique reprend des couleurs

    Mémoire bâtie d’un siècle de modernité

    Pour les jeunes générations, l’Art déco résonne étrangement avec les codes actuels. Typographies affirmées, graphismes épurés, amour du design et de la mise en scène : ses influences sont partout, du street design aux réseaux sociaux. Explorer l’Art déco aujourd’hui, c’est apprendre à lever les yeux, à lire la ville autrement, à comprendre que le patrimoine n’est pas figé mais vivant. Et parfois, il suffit d’un regard attentif pour voir surgir, entre deux bâtiments, l’élégance intacte d’un siècle qui croyait profondément en l’avenir.

  • La BNF dévoile 1000 ans de langue française

    La BNF dévoile 1000 ans de langue française

    La BNF dévoile 1000 ans de langue française

    Culture

    Du 5 novembre 2025 au 1er mars 2026, la Cité internationale de la langue française (CILF) accueille une exposition exceptionnelle consacrée à des manuscrits qui ont façonné notre langue. Réunissant 120 documents originaux issus des collections de la Bibliothèque nationale de France (BNF), ce parcours immersif invite à découvrir, dans une atmosphère sombre et intimiste, l’évolution de la langue française à travers les gestes d’écriture de ses plus grands auteurs et autrices.

    La BNF dévoile 1000 ans de langue française

    Une exposition exceptionnelle au cœur des manuscrits français

    Le Centre des Monuments Nationaux (CMN), en partenariat avec la BNF, propose pour sa deuxième grande exposition temporaire, un voyage inédit à travers 10 siècles d’histoire du français. Intitulée De Chrétien de Troyes à Marguerite Yourcenar, l’exposition met en lumière le rôle fondamental du manuscrit comme support matériel de la langue. Des ouvrages témoins de leurs propres usages, de leurs transformations et de leur appropriation par les individus au fil du temps. Des documents, rarement montrés au public en raison de leur fragilité et de leur valeur patrimoniale. Une occasion unique de voir de près des pièces d’exception, du XIIe siècle jusqu’aux textes contemporains.

    On l’a testé pour vous !

    Entrez intimement dans le secret des auteurs

    Dès les premiers pas, le visiteur pénètre dans des salles peu éclairées, presque silencieuse. L’éclairage tamisé révèle lentement des parchemins médiévaux, des feuilles annotées, des cahiers raturés. Chaque manuscrit apparaît comme un objet précieux, porteur d’une présence humaine.
    On retrouve des graphies élégantes ou nerveuses, pages saturées de corrections, marges envahies de notes. Le manuscrit révèle ce que l’imprimé efface. Il donne à voir la langue en train de se faire, avec ses hésitations et ses fulgurances. De Christine de Pizan à Simone de Beauvoir, de George Sand à Boris Vian, les écrivain.e.s dévoilés par leurs esquisses originales.

    Encore, cette exposition éphémère propose une approche sensible et accessible d’archives rares. Ici, il ne s’agit pas seulement de lire, mais comprendre que la langue est une construction humaine, lente et collective.
    De Chrétien de Troyes à Marguerite Yourcenar, présente la rareté des ouvrages, leur préciosité et la force de la mise en scène. Une exposition au profit d’une réalité : la langue française, avant d’être imprimée, fut d’abord écrite à la main.

    1000 ans de langue française
    Visite de la dernière salle

    Les clés de découverte du français

    Enfin, la CILF déploie l’exposition en cinq grandes étapes, chacune éclairant un usage spécifique de l’écrit. La première salle montre comment le français s’est affirmé comme langue de pensée et de savoir, à travers des manuscrits savants. La seconde plonge dans la littérature avant l’imprimerie, où le manuscrit était déjà une œuvre achevée et précieuse. Le parcours se poursuit avec les brouillons littéraires. Il révèle les coulisses de la création chez Marcel Proust par exemple. Les manuscrits intimes interrogent ensuite l’émergence de l’écriture de soi. La correspondance conclut en rappelant combien la lettre fut pendant longtemps, la forme d’écriture la plus partagée.