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Lourdement touché par la guerre menée par Israël, le sport palestinien veut renaître de ses cendres 

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Le sport palestinien a payé un lourd tribut à la guerre destructrice menée par l’État hébreu dans la bande de Gaza. Ses instances tentent de rassembler leurs forces pour maintenir leur présence sur la scène sportive internationale. 

Football Palestine
Le football palestinien tente peu à peu de se reconstruire.

Il reste peu de terrains debout, encore moins de gymnases. Les stades sont éventrés, les vestiaires détruits, les pistes devenues impraticables. En Palestine, le sport ne se pratique plus dans la normalité depuis longtemps. Mais depuis des mois, il tente surtout de survivre. Pris dans une guerre dévastatrice, marquée par des destructions massives et des pertes humaines considérables à Gaza, le mouvement sportif palestinien avance aujourd’hui sur un fil.

À Gaza, plusieurs infrastructures sportives ont été endommagées ou rasées. Des clubs historiques ont cessé toute activité. Faute de lieux, de matériel ou simplement de sécurité. Des athlètes ont été tués, d’autres blessés, beaucoup déplacés. La Fédération palestinienne de football a recensé des dizaines de joueurs, entraîneurs et dirigeants morts depuis le début du conflit. Le sport, ici, n’est pas une priorité vitale. Il est pourtant devenu un refuge mental, parfois le dernier.

En Cisjordanie, la situation n’est guère plus simple. Les restrictions de déplacement, les barrages, l’insécurité chronique compliquent l’organisation des compétitions. Les championnats sont interrompus. Repris, suspendus à nouveau. Les joueurs passent parfois plus de temps à franchir des checkpoints qu’à s’entraîner. Certains clubs survivent grâce au bénévolat. D’autres uniquement par la volonté de leurs éducateurs, qui continuent d’encadrer des enfants au milieu des ruines.

Le sport féminin en danger

Le sport féminin, déjà fragile avant le conflit, est l’un des secteurs les plus touchés. Les compétitions sont à l’arrêt. Les structures d’encadrement quasi inexistantes. Pourtant, des initiatives locales persistent, souvent dans des écoles ou des centres communautaires, avec une idée simple. Permettre aux jeunes filles de continuer à courir, jouer, respirer, même brièvement.

« Il n’y a aucun match dans toute la Cisjordanie. Mais de l’autre côté, les Championnats israéliens se déroulent sans encombre et n’ont pas été interrompus », grince de son côté Qassem, un ancien joueur de Jabal Al-Mukaber, un club fondé à Jérusalem-Est en 1996. 

La Fédération palestinienne espère une reprise des compétitions

La Fédération palestinienne de football (PFA), qui fustige un « génocide » dans la bande de Gaza, espère une reprise prochaine des compétitions. Elle explique qu’elle « travaille en étroite collaboration avec les clubs, les associations régionales et la FIFA pour rétablir progressivement les activités, car le football reste l’un des symboles les plus forts d’espoir, de résilience et d’unité pour notre peuple. » 

« De nombreux joueurs, officiels et clubs ont été directement touchés. Plusieurs installations sportives ont été endommagées ou détruites, poursuit la PFA. Bien que les hostilités aient désormais cessé, et nous espérons tous qu’elles ont enfin pris fin, les défis humanitaires et logistiques restent immenses. L’occupation continue de restreindre les déplacements et de cibler les athlètes palestiniens et les infrastructures. » 

Près de 700 athlètes palestiniens décédés

Près de 700 athlètes palestiniens auraient trouvé la mort dans la bande de Gaza depuis deux ans. Comme le coureur de fond Majed Abu Maraheel (décédé en juin 2024), premier porte-drapeau (et seul athlète) palestinien aux JO d’Atlanta, en 1996. Ou l’ex-attaquant international Suleiman al-Obeid, surnommé le « Pelé palestinien », mort dans le sud de l’enclave en août dernier, à 41 ans, sous des tirs israéliens, alors qu’il tentait de se procurer de la nourriture. 

Le joueur de football Suleiman al-Obeid a été tué par des frappes israéliennes en août dernier.
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